html5 only
L’alternative yaboy hors de prix
| 2013-02-06 | 10:08

Le Thiof étant devenu un luxe réservé au cercle fermé des nantis, les ménages qui se consolaient avec les espèces moins nobles comme le ‘’yaboy’’ (sardinelles), n’ont plus les moyens de se payer ce poisson si populaire au Sénégal. Positionnée comme alternatif à cette inaccessible espèce dite noble qu’est le ‘’Thiof’’, le ‘’yaboy’’, a subitement gagner en côte au baromètre des prix, compte tenu du principe de la supériorité de la demande par rapport à l’offre. Entre décembre 2012 et février 2013, le prix du panier de ‘’yaboy’’ est passé du simple au double. Une tendance haussière confirmée par Talibé Cheikh, mareyeur, établi au quai de pêche de Yarakh. «Le panier de ‘’yaboy’’ est passé entre fin 2012 et aujourd’hui de 25 000 francs à 45 000 francs, voir 50 000 francs. Pis, l’augmentation ainsi enregistrée, risque de se poursuivre», indique notre interlocuteur qui craint que «le poisson, de manière générale, ne disparaisse définitivement des plats des ménages des goorgoorlous, à faible revenu.» En dehors du ‘’yaboy’’, les ménages vivant dans des conditions modérées ont jeté leur dévolu sur les poissons qualifiés de «bizarres» par les experts du secteur et qui sont des produits de grande consommation dans les pays asiatiques. C’est le cas du ‘’Boune Fokine’’ (lotte) et du ‘’Mola Mola’’. Des espèces à qui le secteur de la restauration sénégalaise a donné des «lettres de noblesses», compte tenu de la forte demande, surtout des «nouveaux connaisseurs» de Dakar. Généralement proposés en brochettes, ces poissons coûtent désormais chers sur le marché. Vendus entre 500 francs et 1000 francs l’unité, ils sont pourtant estampillés : Dangereux.     

 

Les lottes et Mola Mola estampillés «Dangereux»

 

Le lieutenant-colonel Massal Fall, docteur, vétérinaire, biologiste de pêche et chercheur au centre océanographique de Dakar a sonné l’alerte sur les ondes de Sud-fm. «Pour préparer de tels poissons à risque au Japon, dit-il, le diplôme de master est exigé. Pour les importer aux Etats-Unis, il faut une certification d’un patron de la pêche japonaise, alors qu’ils sont formellement interdits sur le marché français», renchérit-il. «Mon inquiétude est d’autant plus fondée qu’avec la raréfaction des poissons nobles, les gens se tournent vers les espèces bizarres comme le ‘’Boune Fokine’’ ou le ‘’Mola Mola’’. Ils ont une toxine. J’ai appris que le ‘’Mola Mola’’ était consommé à Kayar, heureusement que les populations ont arrêté la consommation», explique le vétérinaire. Tout en essayant d’éviter d’alarmer les consommateurs sénégalais, le lieutenant-colonel Fall appelle à plus de précaution en précisant que la toxine de ces poissons se localise au niveau de la peau et des intestins etc.

ABDOUL AZIZ SECK  

Le Pays au Quotidien

Vous aussi, réagissez à cet article.En complétant ce formulaire... Où Via Facebook...


Veuillez calculer 6 plus 5.
RECOMMANDATIONS D'USAGE À LIRE AVANT DE POSTER.
Vous souhaitez réagir à l’un des articles ou exprimer votre point de vue ? Cet espace est le vôtre et tous les commentaires sont les bienvenus. `Cependant, vos réactions seront modérées de manière systématique. Nous nous réservons donc le droit de choisir les commentaires qui seront publiés. Les textes hors-sujet, injurieux, écrits en langage SMS ou en majuscules seront automatiquement exclus.