
La société d’Excaf télécom a attrait à la barre du tribunal des flagrants délits de Dakar trois de ses commerciaux. Elle les poursuit pour le délit d’abus de confiance.
Les agents commerciaux d’Excaf télécom, en l’occurrence Assane Fall, Keba Diop et Ibrahima Cissé, risquent de voir leur séjour carcéral se prolonger, si toutefois le juge du tribunal des flagrants délits suit, le 7 février prochain, jour du délibéré, le procureur de la République dans ses réquisitions. Celui-ci a requis un mois d’emprisonnement ferme contre Assane Fall et Keba Diop et une peine d’emprisonnement ferme de 2 mois contre Ibrahima Cissé. Ces trois prévenus, tous des agents commerciaux ont été attraits à la barre du tribunal des flagrants délits de Dakar par la société Excaf télécom, dont le propriétaire n’est personne d’autre que l’homme d’affaire Ben Basse Diagne. Ils sont poursuivis pour abus de confiance. En effet, Assane Fall, Keba Diop et Ibrahima Cissé sont des agents commerciaux de la dite société. Ils ont été engagés par la société qui leur payait chacun la somme de 100 mille francs Cfa par mois. Ayant mis à leur disposition des voitures pour mener à bien leurs activités, l’entreprise leur remettait tous les jours des cartons de couches pour enfant et des cartons de serviettes hygiéniques qu’ils devaient vendre au niveau des boutiques, moyennant la somme de 14 mille francs, le prix unitaire d’un carton. Au début, tout se passait dans les règles de l’art. Les trois commerciaux, tous les matins, faisaient leur commande au niveau de l’entreprise avant d’effectuer la distribution auprès de leurs clients. Cependant, les choses se sont basculées et ont tourné au vinaigre quand le responsable de la société a découvert que les agents commerciaux vendaient le carton à 14377 francs Cfa, en lieu et place de 14 mille, comme il était convenu dans le contrat verbal de travail qui les liait. Sur ces entrefaites, la société arrête de leur donner le bon de carburant avant de leur demander de s’en charger eux-mêmes. Ce qui n’a pas été du goût des trois agents commerciaux. Mieux, ils ont pris la décision de mettre fin au contrat qui les liait avec la société. Cependant, le hic en est que ces derniers n’avaient pas encore versé l’argent des produits qu’ils avaient déjà pris. Ils ont fait savoir à la direction qu’ils ont remis la marchandise à des clients, à crédit, et qu’ils n’ont pas encore fait le recouvrement. Sur ce, la société qui leur avait clairement dit de ne pas donner les produits à crédits a porté plainte contre eux, d’autant plus que Ibrahima Cissé leur devait des produits dont la valeur était estimée à plus de 1,7 million de francs. Assane Fall et Keba Diop détenaient par devers eux des produits dont leur valeur est estimée respectivement à 294 mille et 447 mille francs. A la barre, tous les trois prévenus ont reconnu les faits et ont réaffirmé qu’ils doivent de l’argent à la société. Pourtant, ils indiquent qu’ils ont donné les produits à des clients à crédit et qu’ils n’ont pas eu le temps d’aller faire le recouvrement. Non sans signaler qu’ils sont prêts à rembourser, en intégralité, l’argent. Le conseil de la partie civile a soutenu que le délit d’abus de confiance est établi d’autant plus que les trois prévenus ont reconnu les faits. Mieux, il ajoute qu’ils sont incapables de prouver qu’ils ont donné la marchandise à crédit. Car, ils refusent de donner le lieu de travail de ses clients. Ainsi, l’avocat de la partie civile a demandé au tribunal de les condamner à telle peine qui lui plaira. En guise de dommages et intérêts, il réclame 2 millions à Ibrahima Cissé, 500 mille à Assane Fall et 700 mille à Kéba Diop. Dans ses réquisitions, le procureur de la République a déclaré coupables les trois prévenus et a demandé au tribunal de condamner à un mois ferme les sieurs Assane Fall et Keba Diop. Quant à Ibrahima Cissé, le parquet a requis contre lui une peine d’emprisonnement de 2 mois ferme. Dans leurs plaidoiries, les avocats de la défense ont plaidé la relaxe pure et simple de leurs clients. Car, c’est une cause civile et on ne peut pas entrer en voie de condamnation dans ce cas. L’affaire est mise en délibéré pour le 7 février prochain.
Aliou DIOUF
le pays au quotidien








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